TRANSITION ÉNERGÉTIQUE ET SOUVERAINETÉ STRATÉGIQUE AU SÉNÉGAL : FONSIS lance le développement d’une centrale électrique à gaz de 500 MW

Alors que près de 84 % de la population sénégalaise avait accès à l’électricité en 2024 selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le Sénégal accélère sa marche vers l’accès universel d’ici la fin de la décennie. Dans cette dynamique, le Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (FONSIS) a lancé un appel à partenariat pour la réalisation d’une centrale électrique à gaz de 500 MW, un projet structurant au cœur de la stratégie nationale « Gas-to-Power ».

Transition Energétique Légende : Transition Energétique

Le vendredi 13 février, le Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (FONSIS), mandaté par l’État du Sénégal, a officiellement publié un appel à partenariat pour le développement d’une centrale électrique à gaz d’une capacité installée de 500 mégawatts. Cette initiative s’inscrit dans un contexte où le pays poursuit un objectif ambitieux : atteindre l’accès universel à l’électricité d’ici 2030. Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie, environ 84 % de la population disposait déjà d’un accès à l’électricité en 2024, ce qui témoigne des progrès réalisés, mais aussi des efforts encore nécessaires pour combler le déficit énergétique. Ainsi, le gaz naturel apparaît comme un levier stratégique pour accroître durablement l’offre électrique tout en améliorant la compétitivité du secteur.

Le projet couvre l’ensemble des étapes de développement de l’infrastructure, notamment les études techniques, économiques et environnementales, la conception détaillée, la construction complète de la centrale, les essais préalables à sa mise en service, puis son exploitation et sa maintenance à long terme. En outre, la centrale sera développée selon un modèle de producteur indépendant d’électricité (IPP), avec la création d’une société dédiée chargée d’assurer l’investissement et l’exploitation. L’énergie produite sera injectée dans le réseau national, renforçant ainsi la capacité globale du système électrique. À ce titre, la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec), en qualité d’acheteur unique, engagera des discussions en vue de la signature d’un contrat d’achat d’électricité (PPA), lequel devra être validé par la Commission de régulation du secteur de l’énergie (CRSE). Les candidats intéressés disposent d’un délai fixé au 20 mars 2026 à 12h00 TU pour soumettre leur offre.

Par ailleurs, selon le FONSIS, ce partenariat vise à instaurer un alignement durable des intérêts entre les parties prenantes, à favoriser le transfert de compétences et à renforcer les capacités locales. Il s’agit également de contribuer aux objectifs nationaux en matière de sécurité énergétique et de transition vers des sources d’énergie plus compétitives. De fait, cette centrale s’inscrit pleinement dans la politique nationale dite « Gas-to-Power », mise en place par l’État sénégalais fin 2018 pour développer la production d’électricité à partir du gaz naturel. Cette stratégie prévoit notamment la conversion progressive des centrales fonctionnant au fioul vers le gaz, ainsi que la construction de nouvelles unités adaptées à cette ressource.

Dans un document publié en 2024, le Natural Resource Governance Institute rappelle que cette orientation stratégique vise à sécuriser l’approvisionnement de Senelec, à réduire la dépendance aux combustibles importés et à diminuer le coût de production de l’électricité. Dans un premier temps, l’approvisionnement reposera notamment sur le gaz naturel liquéfié (GNL) importé, avant une montée en puissance progressive du gaz domestique issu du gisement transfrontalier Grand Tortue-Ahmeyim (GTA). En définitive, à travers ce projet de 500 MW, le Sénégal confirme sa volonté de consolider son indépendance énergétique tout en posant les bases d’un système électrique plus fiable, plus compétitif et adapté aux exigences de son développement économique.


Partager :