Le Gouvernement béninois a officiellement lancé, le mardi 17 février 2026 à Fita, dans la commune de Dassa-Zounmè, le Projet de Développement des Chaînes de Valeur des Racines et Tubercules (PDCV-RT). À travers cette initiative dédiée au manioc, à l’igname et à la patate douce, l’État entend faire de ces filières un moteur de croissance économique durable, tout en renforçant la protection de l’environnement et l’inclusion sociale.
Légende : Développement de la chaine de valeur agricole
Avec le lancement du Projet de Développement des Chaînes de Valeur des Racines et Tubercules (PDCV-RT), le Gouvernement béninois place résolument l’agriculture au centre de sa stratégie de développement durable. L’ambition affichée dépasse la simple augmentation des rendements : il s’agit de construire un modèle agricole plus respectueux de l’environnement, créateur de richesses locales et porteur d’emplois décents.
Prévu pour la période 2025-2030 et doté d’un financement de 63 millions d’euros (environ 41 milliards de francs CFA), grâce à l’appui de la Banque Islamique de Développement, de l’Institut d’Agriculture Tropicale et de l’État béninois, le projet adopte une approche intégrée de la chaîne de valeur. Produire, transformer et commercialiser sont pensés dans une logique de durabilité, afin de maximiser les retombées économiques tout en réduisant l’empreinte écologique.
Le PDCV-RT cible le manioc, l’igname et la patate douce, des cultures adaptées aux conditions agroécologiques du pays. Leur promotion s’inscrit dans une dynamique de résilience climatique. Ces spéculations, généralement moins exigeantes en intrants chimiques que d’autres cultures intensives, permettent de limiter l’utilisation excessive d’engrais et de pesticides, réduisant ainsi la pollution des sols et des nappes phréatiques.
L’amélioration de la productivité repose sur des semences de qualité, des techniques culturales modernisées et un encadrement renforcé des producteurs. La rotation des cultures, la gestion durable de la fertilité des sols et la promotion de pratiques agroécologiques contribuent à préserver les terres agricoles contre l’épuisement et l’érosion. À terme, cette gestion rationnelle des ressources naturelles garantit la pérennité des exploitations et la sécurité alimentaire des populations.
La transformation locale constitue également un levier environnemental majeur. En développant une agro-industrie nationale capable de produire de l’amidon industriel, des farines panifiables, des chips, des semoules ou des aliments pour bétail, le Bénin réduit sa dépendance aux importations et limite les transports longue distance. Cette réduction des flux logistiques contribue directement à la baisse des émissions de gaz à effet de serre.
Par ailleurs, la valorisation des sous-produits agricoles ouvre la voie à une économie circulaire. Les résidus de transformation peuvent être recyclés en compost organique ou en aliments pour bétail, diminuant ainsi les déchets et favorisant un cycle vertueux d’utilisation des ressources. Les futures unités de transformation modernes pourront intégrer progressivement des solutions énergétiques plus propres, renforçant encore l’impact positif sur l’environnement.
Le projet prévoit également la réalisation d’infrastructures marchandes et de pistes rurales dans plusieurs départements. Ces aménagements, en facilitant l’accès aux marchés et en réduisant les pertes post-récolte, permettent d’optimiser l’exploitation des ressources déjà mobilisées, évitant le gaspillage et la surexploitation des terres.
Au-delà de l’environnement, le développement durable repose sur l’équilibre entre performance économique et justice sociale. Le PDCV-RT cible prioritairement les petits exploitants, les transformateurs, les jeunes, les femmes et les personnes vulnérables. En créant des emplois en milieu rural et en structurant les chaînes de valeur, le projet contribue à stabiliser les communautés locales et à réduire la pression sur les centres urbains.
À travers cette initiative, le Gouvernement béninois démontre que la transition vers un développement durable peut s’appuyer sur des ressources locales stratégiques. En misant sur les racines et tubercules, le pays fait le choix d’une agriculture productive, écologique et inclusive, capable de concilier croissance économique, préservation de l’environnement et progrès social.