La culture du coton biologique constitue aujourd’hui une alternative durable aux méthodes conventionnelles de production textile. Cette approche exclut l’usage d’engrais chimiques de synthèse, de pesticides et d’organismes génétiquement modifiés (OGM), privilégiant des pratiques respectueuses de l’environnement ainsi que de la santé des producteurs et des consommateurs. Quelles sont les conditions de production et les avantages de cette pratique culturale pour l’homme et pour l’environnement ? La réponse se trouve dans cet article.
Légende : Cotoncultrice Malienne
Une culture respectueuse de l’environnement et des producteurs
La culture du coton biologique au Bénin et au Mali représente aujourd’hui une alternative durable aux méthodes conventionnelles de production textile, visant à concilier développement agricole, préservation de l’environnement et amélioration des conditions de vie des producteurs. Contrairement au coton traditionnel, le coton biologique exclut l’utilisation d’engrais chimiques de synthèse, de pesticides et d’organismes génétiquement modifiés (OGM), privilégiant des pratiques respectueuses de la santé des agriculteurs et de l’écosystème. Cette démarche répond à une demande internationale croissante pour des produits responsables, tout en offrant un potentiel économique intéressant pour les pays producteurs d’Afrique de l’Ouest.
Principes et conditions de production
Au Bénin, le coton reste une culture majeure dans le Centre et le Nord du pays, avec des départements comme le Borgou, l’Alibori et le Collines particulièrement impliqués dans la production. Les superficies cultivées atteignent plusieurs centaines de milliers d’hectares, et la promotion du coton biologique y est en développement, soutenue par des coopératives locales et des projets de développement durable. Au Mali, le coton est une culture stratégique et constitue l’un des piliers de l’économie agricole. La production annuelle moyenne oscille entre 700 000 et 800 000 tonnes de coton graine, dont une part croissante est destinée au coton biologique, avec un encadrement assuré notamment par la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT). Les régions de Bougouni, Sikasso, Koutiala et Kita sont particulièrement favorables à cette culture grâce à des sols riches en matière organique, bien drainés, une pluviométrie comprise entre 600 et 1 200 mm/an et des températures optimales de 25 à 35°C.
Itinéraire technique simplifié
La culture biologique suit un itinéraire technique précis :
- Préparation du sol : un labour léger au début de l’hivernage est suivi d’un apport de compost de 2 à 5 tonnes par hectare pour enrichir le sol en matière organique.
- Semis : effectué entre juin et juillet, avec un écartement de 80 cm x 40 cm et 2 à 3 graines par poquet.
- Entretien: désherbage manuel ou mécanique, buttage 30 à 45 jours après semis et traitements biologiques à base d’extraits de neem, de piment ou d’ail.
- Lutte biologique : utilisation de biopesticides naturels, pièges à phéromones et associations culturales pour limiter les infestations.
- Récolte : elle intervient 120 à 150 jours après semis, se fait manuellement en plusieurs passages et le coton est stocké dans des endroits secs.
Pour obtenir la certification biologique, les producteurs doivent respecter un cahier des charges strict, être contrôlés par un organisme certificateur et observer une période de conversion de 2 à 3 ans.
Avantages du coton biologique
Les avantages du coton biologique sont multiples. Sur le plan environnemental, il contribue à la protection des sols, à la réduction de la pollution et à la préservation de la biodiversité. Sur le plan socio-économique, il permet aux producteurs de bénéficier de prix plus élevés sur le marché international, de limiter l’exposition aux produits chimiques et de valoriser le savoir-faire local. Cependant, cette production présente aussi des contraintes : des rendements parfois inférieurs de 10 à 20 % par rapport au coton conventionnel, une forte demande de main-d’œuvre et un accès limité aux marchés spécialisés. Pour ces raisons, un accompagnement structuré et la mise en place de coopératives sont essentiels pour assurer la rentabilité et la pérennité des exploitations.
Opportunités pour le développement local
Des initiatives locales, telles que l’Association Mogoya Ben So, implantée à Défina et Bougouni, illustrent le potentiel du coton biologique comme levier de développement rural. La culture bio peut renforcer l’autonomisation des femmes, favoriser la création de coopératives agricoles, stimuler la transformation locale en huile de graine de coton ou en tourteaux, et attirer des partenariats internationaux pour le financement et l’exportation. En consolidant une organisation structurée autour des producteurs, il devient possible de gérer efficacement la production, la certification et la commercialisation tout en maximisant les retombées économiques et écologiques. Ainsi, le coton biologique apparaît comme une solution durable capable de concilier croissance agricole, protection de l’environnement et amélioration du bien-être des communautés rurales au Bénin et au Mali.