GESTION INTÉGRÉE ET DURABLE DES RESSOURCES : L’OMVS structure la recherche et l’innovation pour un avenir résilient du bassin du fleuve Sénégal

Le 25 février 2026 à Dakar, l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) a franchi une nouvelle étape stratégique en lançant un appel à manifestation d’intérêt destiné à structurer la recherche et l’innovation dans le bassin du fleuve Sénégal. À travers cette initiative, l’institution sous-régionale affirme sa volonté de faire de la connaissance scientifique un levier central de la gestion intégrée et durable des ressources partagées.

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Cette démarche s’inscrit dans la mise en place de la Cellule de Recherche et d’Innovation (CRI), conçue comme un outil structurant au service des États membres et des populations riveraines. L’appel s’adresse aux chercheurs, universitaires, scientifiques, experts et institutions intervenant dans des domaines aussi variés que l’eau, l’environnement, le climat, l’agriculture, l’énergie, les sciences sociales et le développement durable.

La connaissance au cœur de la durabilité

Dans un contexte marqué par l’intensification des effets du changement climatique, la pression démographique et la demande croissante en ressources naturelles, la gestion du bassin du fleuve Sénégal nécessite des réponses fondées sur des données fiables et des analyses rigoureuses. L’OMVS entend ainsi dépasser une approche strictement infrastructurelle pour intégrer pleinement la dimension scientifique dans ses politiques et investissements. L’objectif premier de l’appel est de cartographier les travaux de recherche et d’innovation déjà réalisés dans l’espace OMVS. Il s’agit d’identifier les acquis, de repérer les lacunes et de structurer les connaissances existantes afin d’éclairer la décision publique. Cette cartographie permettra de transformer un ensemble dispersé d’études et d’initiatives en un socle cohérent d’expertise au service du développement durable. Le bassin du fleuve Sénégal constitue en effet un espace stratégique pour l’Afrique de l’Ouest. Il soutient l’irrigation agricole, la production d’énergie hydroélectrique, l’approvisionnement en eau potable et la préservation d’écosystèmes essentiels. La durabilité de ces fonctions vitales dépend d’une gestion intégrée, anticipative et coordonnée.

Une plateforme régionale d’expertise scientifique

À travers la CRI, l’OMVS ambitionne de mettre en place une véritable plateforme régionale d’expertise scientifique. Celle-ci favorisera la collaboration entre chercheurs et décideurs, facilitera le partage de données et encouragera la mutualisation des connaissances à l’échelle transfrontalière. Un référentiel des connaissances du bassin sera élaboré afin d’offrir une vision claire des recherches existantes et des besoins prioritaires. Ce document stratégique permettra non seulement de capitaliser sur les acquis, mais aussi d’orienter les futures investigations vers les thématiques les plus pertinentes pour la résilience du bassin.

Par ailleurs, des outils d’aide à la décision seront développés pour appuyer les politiques publiques et guider les investissements structurants. En intégrant la science aux processus décisionnels, l’OMVS renforce sa capacité à anticiper les risques liés aux crues, aux sécheresses ou aux conflits d’usage, tout en optimisant la planification des infrastructures et des aménagements.

Mieux financer et valoriser la recherche

Au-delà de la cartographie, cette initiative ouvre la voie à une meilleure orientation des financements dédiés à la recherche et à l’innovation. L’OMVS entend soutenir les thèses, mémoires, projets de recherche appliquée et actions de valorisation scientifique en lien direct avec les priorités du bassin. Cette dynamique contribuera à renforcer les capacités locales et régionales, tout en stimulant l’émergence d’une expertise africaine adaptée aux réalités du terrain. Elle constitue également une étape clé dans la préparation d’un Programme Décennal de Recherche et d’Innovation (PRI), qui structurera les efforts scientifiques sur le long terme.

Pour le Haut-Commissaire de l’OMVS, Mohamed Abdel Vetah, « face aux défis climatiques et de développement, la connaissance devient un actif stratégique. En la structurant à l’échelle du bassin, nous renforçons notre capacité collective à anticiper, décider et agir au service de nos populations. » En plaçant la science, l’innovation et la coopération régionale au cœur de son action, l’OMVS consolide ainsi les fondements d’une gestion intégrée et durable du fleuve Sénégal. Les acteurs intéressés sont invités à soumettre leur candidature en ligne, contribuant ainsi à bâtir un modèle de gouvernance fondé sur la connaissance, la solidarité et la résilience.


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