GOUVERNANCE ET DEVELOPPEMENT DURABLE : Les décisions clés du Conseil des ministres du 11 mars 2026

Le Conseil des ministres tenu le 11 mars 2026 sous la présidence du Chef de l’État, Patrice Talon, a adopté plusieurs décisions qui s’inscrivent dans la dynamique de développement durable engagée par le Bénin. Parmi les mesures annoncées, certaines concernent directement la protection de l’environnement, la gestion durable des ressources naturelles, la formation agricole et le renforcement de la résilience face aux risques climatiques.

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L’une des décisions majeures porte sur les travaux de délimitation des zones marécageuses à préserver dans l’agglomération du Grand Nokoué. Ces espaces humides jouent un rôle crucial dans la régulation naturelle des eaux et la prévention des inondations dans les communes du sud du Bénin. Toutefois, ces zones sont de plus en plus menacées par la pression foncière et l’expansion urbaine. Pour répondre à cette problématique, le gouvernement a autorisé la contractualisation avec des entreprises chargées de délimiter environ 30 hectares de zones humides dans la commune de Sèmè-Podji et près de 500 hectares de zones marécageuses dans celle de Cotonou. Cette initiative vise à préserver ces écosystèmes naturels qui contribuent à la gestion des eaux pluviales, tout en protégeant la biodiversité aquatique et faunique.

En parallèle, le Conseil des ministres a validé le recrutement et la formation de 135 fonctionnaires des Eaux, Forêts et Chasse. Il s’agit notamment de 95 gardes forestiers, 25 contrôleurs et 15 conservateurs appelés à renforcer les capacités opérationnelles de cette administration chargée de la protection des ressources forestières et de la faune. Cette décision s’inscrit dans la stratégie nationale de conservation des écosystèmes et de lutte contre la déforestation. Le renforcement des effectifs permettra notamment d’améliorer la surveillance des forêts, de lutter contre l’exploitation illégale du bois et de préserver les réserves naturelles du pays.

Dans le domaine agricole, le gouvernement poursuit également ses réformes visant à moderniser la formation professionnelle et à renforcer les compétences des futurs acteurs du secteur. Le Conseil a ainsi autorisé la contractualisation pour la construction de trois écoles professionnelles de formation agricole dans les communes de Bassila, Ouessè et Zè. Ces infrastructures s’inscrivent dans un vaste programme national prévoyant la construction et la réhabilitation de 26 établissements de formation agricole, dont 12 lycées techniques et 14 écoles professionnelles. L’objectif est de former une nouvelle génération d’exploitants agricoles capables d’adopter des pratiques modernes, durables et résilientes face aux défis climatiques. En renforçant la formation agricole, le gouvernement entend soutenir la transformation structurelle du secteur et promouvoir une agriculture plus productive et respectueuse de l’environnement.

Le Conseil des ministres a également approuvé la Stratégie nationale d’Alimentation et de Nutrition 2026-2030. Cette stratégie vise à renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Bénin à travers une meilleure coordination des politiques publiques et des interventions des différents acteurs. Conçue comme un cadre de référence national, elle permettra de traduire les orientations de la Politique nationale de l’Alimentation et de la Nutrition en actions concrètes, planifiées et budgétisées. Elle contribuera notamment à améliorer l’accès à une alimentation saine et durable tout en favorisant une meilleure gestion des ressources agricoles.

Par ailleurs, le Gouvernement a autorisé la construction de centres de secours dans certaines communes afin de renforcer les capacités de l’Agence béninoise de Protection civile. Ces infrastructures permettront d’améliorer la prévention et la gestion des catastrophes, dans un contexte marqué par l’intensification des risques climatiques.

Enfin, l’acquisition de nouveaux équipements d’intervention, notamment des camions citernes d’incendie, des véhicules de lutte anti-incendie et des unités de secours aux victimes, contribuera à renforcer la résilience des populations face aux situations d’urgence. À travers ces différentes décisions, le gouvernement béninois confirme sa volonté d’intégrer davantage les enjeux environnementaux, agricoles et climatiques dans les politiques publiques. La préservation des écosystèmes, la modernisation de l’agriculture et le renforcement des capacités institutionnelles apparaissent ainsi comme des leviers essentiels pour bâtir un modèle de développement durable et résilient.


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