GOUVERNANCE ENVIRONNEMENTALE AU BENIN : Le PADECT révèle des avancées majeures mais alerte sur des fragilités structurelles

Le rapport final du Programme d’Appui au Développement Économique des Collectivités Territoriales rendu public ce 18 mars 2026 dresse un état des lieux détaillé de la gouvernance territoriale dans les 77 communes du Bénin. Mis en œuvre à Cotonou avec l’appui de la Banque africaine de développement, le programme analyse les progrès réalisés en matière d’attractivité économique, de transformation digitale et de résilience climatique, tout en mettant en lumière les défis persistants liés aux capacités institutionnelles et aux moyens opérationnels. L’objectif est de renforcer durablement la performance environnementale et sociale des investissements locaux.

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Structuré autour de quatre axes stratégiques, le PADECT a cherché à transformer les collectivités en véritables moteurs de développement. Il s’est agi, d’une part, de créer un environnement favorable à l’investissement privé et à l’emploi, d’autre part de moderniser la gestion publique via la digitalisation, tout en intégrant les enjeux climatiques et en consolidant les capacités des institutions locales. Cette approche intégrée a permis d’enregistrer des résultats encourageants, notamment dans l’amélioration des outils de gestion communale et la visibilité des territoires.

Sur le plan environnemental, le rapport souligne l’existence d’un cadre réglementaire fonctionnel, porté notamment par l’Agence béninoise pour l’Environnement. Cette institution joue un rôle central dans les évaluations d’impact, le suivi des plans de gestion environnementale et sociale (PGES) et la délivrance des certificats de conformité. Toutefois, malgré cette architecture solide, les moyens humains, techniques et financiers restent insuffisants face à l’ampleur des missions. L’analyse comparative avec le Système de Sauvegarde Intégré révèle des convergences sur des enjeux majeurs comme le climat, la santé ou l’inclusion sociale. Néanmoins, des écarts subsistent sur certaines exigences techniques, appelant à une harmonisation des pratiques et à un renforcement des compétences.

Sur le plan financier, le programme bénéficie d’un appui significatif de 117 millions d’euros pour la période 2026–2031, couvrant l’ensemble des communes. Malgré cet engagement, plusieurs contraintes persistent : déficit de ressources humaines qualifiées, insuffisance d’équipements de suivi et faible appropriation des mécanismes de financement axés sur les résultats. Le niveau de risque environnemental et social est jugé modéré, grâce notamment à l’existence d’outils de suivi comme la Cellule de Suivi des Programmes Économiques et Financiers. Cependant, la réussite du programme dépendra de la rigueur de sa mise en œuvre sur le terrain. Parmi les recommandations clés figurent le renforcement des capacités de l’ABE, l’harmonisation avec les standards internationaux, la formation des acteurs locaux et l’amélioration des dispositifs de transparence financière. En définitive, le PADECT pose les bases d’une gouvernance territoriale plus performante. Mais pour transformer ces acquis en impacts durables, le défi reste celui des moyens, de la coordination et de l’appropriation locale.

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