Réuni le 1er avril 2026 au Palais de Koulouba sous la présidence du Général d’Armée Assimi Goïta, le Conseil des ministres a pris plusieurs décisions majeures qui traduisent une volonté claire de renforcer la résilience économique du pays. Parmi les priorités abordées figurent la sécurité énergétique, l’adaptation aux défis environnementaux et la modernisation de certains cadres stratégiques ayant des impacts indirects sur le développement agricole.
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La mesure la plus structurante concerne l’adoption de projets de texte instituant un stock national de sécurité de produits pétroliers liquides et gazeux. Dans un contexte marqué par une forte dépendance aux importations, le Mali entend ainsi se prémunir contre les ruptures d’approvisionnement et les fluctuations des prix sur le marché international. Les chiffres récents montrent une hausse continue des importations, tant pour les carburants que pour le gaz butane, illustrant la pression croissante sur les besoins énergétiques nationaux.
Avec cette réforme, les autorités ambitionnent de constituer des réserves couvrant jusqu’à 45 jours de consommation pour les produits stratégiques tels que le super carburant, le gasoil, le jet A1 et le gaz butane. Cette décision vise non seulement à garantir la continuité des services essentiels, mais aussi à soutenir des secteurs clés comme les transports, les mines, les télécommunications et, de manière indirecte, l’agriculture, fortement dépendante de l’énergie pour la production et la transformation. Au-delà de l’énergie, les décisions prises témoignent d’une prise en compte progressive des enjeux environnementaux. En effet, la mise en place de mécanismes de régulation et d’anticipation des crises énergétiques contribue également à limiter les impacts économiques et sociaux des chocs climatiques et géopolitiques. Une meilleure gestion des ressources énergétiques permet d’accompagner la transition vers des modèles plus durables, tout en réduisant la vulnérabilité du pays face aux perturbations extérieures.
Par ailleurs, l’adoption d’un nouveau projet d’ordonnance sur la propriété littéraire et artistique, bien qu’axée sur le secteur culturel, intègre désormais les évolutions technologiques, notamment l’utilisation de l’intelligence artificielle. Cette modernisation du cadre juridique s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation structurelle, susceptible de stimuler l’innovation, y compris dans les secteurs agricoles et environnementaux où les technologies jouent un rôle croissant.
En parallèle, le renforcement de l’arsenal juridique contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants participe à la stabilisation du tissu social, condition essentielle au développement durable. Un environnement sécurisé et structuré favorise en effet les investissements dans des secteurs productifs comme l’agriculture et les énergies. Enfin, les communications faites au Conseil, notamment sur la coopération régionale en matière de financement de la santé et sur les initiatives en faveur de la jeunesse, traduisent une approche globale du développement. Elles soulignent l’importance d’une coordination entre politiques publiques pour bâtir une économie résiliente.
À travers ces décisions, le Mali affiche une orientation stratégique centrée sur la sécurisation de ses ressources énergétiques, tout en posant les bases d’un développement plus durable, à l’intersection des enjeux environnementaux, économiques et sociaux.