COP15 SUR LES ESPÈCES MIGRATRICES : Des avancées majeures pour la protection de la faune mondiale

Récemment ouverte à Campo Grande, la 15e Conférence des Parties à la Convention sur la conservation des espèces migratrices a réuni plus de 2 000 participants. Pendant une semaine, les échanges ont abouti à des décisions importantes pour renforcer la protection des espèces migratrices et de leurs habitats.

COP 15 Légende : COP 15

Du 23 au 29 mars 2026, Campo Grande, au Brésil, a accueilli la 15e Conférence des Parties (COP15) à la Convention sur la conservation des espèces migratrices. Placée sous le thème « Connecter la nature pour préserver la vie », cette rencontre internationale a rassemblé plus de 2 000 participants, dont des représentants gouvernementaux, scientifiques, experts et acteurs de la société civile issus des 133 Parties à la Convention.

L’objectif principal de cette COP était de renforcer la coopération internationale pour la protection des espèces migratrices, dont les routes traversent souvent plusieurs frontières. Les discussions ont mis l’accent sur la nécessité de préserver les corridors écologiques, essentiels à la survie de nombreuses espèces terrestres, marines et aériennes.

Au terme des travaux, des avancées significatives ont été enregistrées. Quarante espèces, sous-espèces et populations ont été ajoutées aux annexes de la Convention. Parmi elles figurent notamment le requin-marteau festonné, la barge hudsonienne et plusieurs espèces de pétrels. Une grande partie de ces nouvelles inscriptions concerne l’annexe I, dédiée aux espèces menacées d’extinction, traduisant l’urgence de renforcer leur protection à l’échelle mondiale.

Présidée par Joao Paulo Capobianco, cette COP15 a été qualifiée de « COP heureuse », illustrant des avancées concrètes malgré un contexte mondial marqué par des crises environnementales et géopolitiques complexes. Pour Amy Fraenkel, secrétaire exécutive de la Convention, les priorités portent désormais sur la mise en œuvre des recommandations scientifiques, le renforcement de la connectivité écologique et une meilleure implication des peuples autochtones et des communautés locales.

Les débats ont également mis en lumière les menaces majeures pesant sur les espèces migratrices. La perte d’habitat affecte environ 75 % d’entre elles, tandis que la surexploitation en impacte près de 70 %. L’expansion agricole, les infrastructures et les barrages perturbent fortement les routes migratoires, compromettant ainsi le rôle essentiel de ces espèces dans les écosystèmes, notamment en matière de pollinisation, de dispersion des graines et de transport des nutriments.

Pays hôte de cette édition, le Brésil occupe une position stratégique en tant que corridor naturel pour de nombreuses espèces, notamment grâce à des zones clés de biodiversité comme l’Amazonie et le Pantanal.

S’inscrivant dans la dynamique des grandes conférences environnementales internationales, à l’instar des COP sur le climat, cette COP15 intervient dans un contexte de double crise mondiale : le changement climatique et l’érosion de la biodiversité. Elle réaffirme l’importance d’une action collective et fondée sur la science pour préserver les équilibres écologiques.

Enfin, les participants ont annoncé que la prochaine Conférence des Parties se tiendra en Allemagne en 2029, une année symbolique qui marquera le 50e anniversaire de la Convention adoptée à Bonn.


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