COOPÉRATION INTERNATIONALE ET RÉFORME ÉNERGÉTIQUE : L’Angola se tourne vers le Brésil pour moderniser son système électrique

Face aux limites de son réseau électrique, l’Angola renforce ses partenariats internationaux. Un accord stratégique avec le Brésil vise à améliorer la gestion, la planification et la performance globale du secteur énergétique.

Modrenisation du système électrique de l'Angola Légende : Modrenisation du système électrique de l'Angola

L’Angola accélère ses efforts pour moderniser son système électrique en s’appuyant sur des partenariats internationaux. Dans cette dynamique, le pays a récemment renforcé sa coopération avec le Brésil, misant sur son expertise technique pour améliorer la gestion et la performance de son secteur énergétique.

Selon l’Agence angolaise de presse, un protocole d’accord a été signé à l’issue d’une mission officielle angolaise à Brasilia, le 25 mars. Cet accord couvre l’ensemble de la chaîne électrique, de la production à la distribution, avec un accent particulier sur la planification du système et l’élaboration de politiques publiques adaptées.

Au cœur de cette coopération figure le transfert de compétences. Le texte prévoit des actions de formation, un partage d’expériences en organisation sectorielle et un renforcement des capacités techniques des institutions angolaises. Il inclut également un volet consacré à la modernisation des infrastructures, notamment les installations de production, de transport et de distribution d’électricité.

Toutefois, cet accord reste pour l’instant un cadre de collaboration. Il définit des axes de travail communs sans engager immédiatement des investissements ou des obligations contraignantes. Sa mise en œuvre dépendra de futurs accords spécifiques qui viendront concrétiser les projets envisagés.

Cette initiative avec le Brésil s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des partenaires énergétiques. L’Angola continue de collaborer étroitement avec la Chine, notamment pour le financement et la construction d’infrastructures. Parallèlement, le pays multiplie les accords avec d’autres acteurs internationaux, dont l’Allemagne et les États-Unis, qui interviennent notamment dans le financement de projets solaires et d’accès à l’électricité. Le Portugal contribue également à travers des projets d’électrification rurale, via son opérateur Redes Energéticas Nacionais (REN).

Malgré ces efforts, le secteur électrique angolais reste confronté à d’importants défis. En 2023, seulement 51,1 % de la population avait accès à l’électricité, selon la Banque mondiale. La capacité installée, estimée entre 6,2 et 6,3 GW, demeure en deçà de l’objectif de 9,9 GW fixé dans le plan « Angola Energia 2025 ».

Au-delà de la production, les performances du réseau constituent un enjeu majeur. Les pertes techniques et commerciales, historiquement élevées, oscillent entre 40 % et 55 %, traduisant les faiblesses structurelles du système.

Dans ce contexte, plusieurs projets structurants sont en cours pour renforcer les capacités du pays. La centrale hydroélectrique de Caculo Cabaça, d’une capacité de 2,17 GW, devrait entrer en service entre 2026 et 2027, tandis que celle de Laúca, d’une capacité de 2,07 GW, est déjà opérationnelle depuis 2023.

En s’appuyant sur l’expertise brésilienne et en diversifiant ses partenariats, l’Angola cherche ainsi à bâtir un système électrique plus performant, capable de répondre à une demande croissante et de soutenir son développement économique.


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