GOUVERNANCE LOCALE DE L’EAU AU BÉNIN : Un nouvel élan pour les associations de consommateurs

Réunis lors d’un atelier national stratégique, les acteurs du secteur de l’eau potable en milieu rural au Bénin ont engagé une dynamique de redynamisation des Associations de consommateurs d’eau potable (Acep). Objectif : renforcer leur rôle dans la gouvernance locale et garantir un accès durable, équitable et de qualité à l’eau pour les communautés rurales.

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Cette rencontre a mobilisé des représentants de l’État, des communes, des partenaires techniques ainsi que des organisations de la société civile, tous engagés à renforcer la gouvernance locale de l’eau. L’ambition affichée est claire : assurer un accès durable, équitable et de qualité à l’eau potable pour les populations rurales.

Trois objectifs majeurs ont structuré les travaux. Il s’agit notamment de la mise en place d’un cadre national de concertation pour harmoniser les interventions, de la définition de mécanismes opérationnels d’accompagnement des communes, et du renforcement des capacités ainsi que de la représentativité des Acep. À travers ces axes, les participants entendent fédérer les initiatives existantes et instaurer une meilleure coordination à tous les niveaux.

Les échanges ont permis de capitaliser les expériences de terrain, d’harmoniser les outils d’intervention et de définir les modalités de fonctionnement des cadres de concertation aux échelles nationale, départementale et communale. À terme, une feuille de route concertée sera élaborée afin de structurer durablement les Acep sur l’ensemble du territoire.

Parmi les résultats attendus figurent également un diagnostic partagé de la situation actuelle, une meilleure appropriation des outils existants et un engagement accru des acteurs étatiques et non étatiques, notamment en matière de formation et d’accompagnement des communes.

Représentant le directeur général de l’Agence nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural, Pacôme Ahokpossi a insisté sur l’importance stratégique des Acep. Selon lui, ces structures ne doivent plus être perçues comme périphériques, mais comme de véritables leviers de participation citoyenne et de gouvernance locale. Leur renforcement est ainsi indispensable à la durabilité du service public de l’eau.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des efforts du gouvernement béninois, qui a fait du secteur de l’eau potable un axe prioritaire de son Programme d’action. Des investissements significatifs ont été réalisés ces dernières années, notamment à travers le programme Aqua-Vie, avec la construction de systèmes d’approvisionnement multi-villages, la réhabilitation d’ouvrages et la professionnalisation des exploitants.

Cependant, les autorités soulignent que la performance du service ne repose pas uniquement sur les infrastructures. Elle dépend aussi de l’implication active des usagers. En tant qu’interfaces entre populations, exploitants, communes et État, les Acep jouent un rôle crucial dans la veille citoyenne, la qualité du service et la redevabilité des acteurs.

Malgré leur importance, plusieurs diagnostics réalisés entre 2019 et 2025 ont révélé des insuffisances persistantes dans leur fonctionnement. Pour y remédier, des actions structurantes ont été engagées, notamment la mise à disposition d’outils pour les communes, la formation des responsables locaux et l’appui à l’élaboration de plans d’action communaux.

À travers cet atelier, les acteurs entendent consolider ces acquis, renforcer les synergies à l’échelle nationale et insuffler un nouveau souffle aux Acep. Les conclusions des travaux devraient déboucher sur des orientations concrètes pour une meilleure structuration et une régionalisation efficace de ces associations, au service d’un accès universel à l’eau potable en milieu rural.


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