GHANA : Le gouvernement envisage un allègement fiscal face à la hausse des prix pétroliers

Au Ghana, l’exécutif étudie une possible réduction des taxes sur les produits pétroliers pour atténuer la hausse des prix à la pompe. Des discussions sont en cours entre le ministère de l’Énergie et celui des Finances, dans un contexte de tensions sur les marchés internationaux et de dépréciation du cedi.

Station d'essence Légende : Station d'essence

Le gouvernement ghanéen explore de nouvelles pistes pour contenir la hausse des prix des carburants, qui pèse sur les ménages et les entreprises. Le ministre de l’Énergie et de la Transition verte, John Abdulai Jinapor, a annoncé le 7 avril à Accra l’ouverture de discussions avec le ministère des Finances en vue d’une éventuelle révision des taxes appliquées aux produits pétroliers.

Ces échanges portent notamment sur l’avenir de certaines taxes spécifiques, dont la « one cedi levy », un prélèvement fixe d’environ 1 cedi (0,091 dollar) par litre de carburant. Plusieurs options sont actuellement à l’étude, allant d’une réduction partielle à une suppression ciblée de certains prélèvements. Toutefois, aucune décision n’a encore été arrêtée, les autorités cherchant à évaluer les impacts budgétaires de telles mesures.

Cette réflexion intervient dans un contexte marqué par une remontée des prix à la pompe. Début avril, la National Petroleum Authority (NPA) a relevé les prix planchers des carburants pour la période allant jusqu’au 15 avril. Le litre d’essence a ainsi été fixé à 13,30 cedis, en hausse de 1,73 cedi, tandis que le diesel a atteint 17,10 cedis, soit une augmentation de 2,75 cedis. Le gaz de pétrole liquéfié (GPL) s’établit quant à lui à 10,71 cedis par kilogramme.

Selon les autorités, cette hausse s’explique par la progression des cours du pétrole sur les marchés internationaux, dans un contexte de tensions géopolitiques, mais aussi par la dépréciation du cedi face aux principales devises. Ces facteurs combinés se répercutent directement sur les prix domestiques, alimentant les inquiétudes des consommateurs et des opérateurs économiques.

Cette situation contraste avec les mesures prises quelques mois plus tôt par la Ghana Oil Company Ltd (GOIL), qui avait réduit en janvier les prix des carburants dans 150 stations-service. Depuis, la tendance s’est inversée sous l’effet des dynamiques du marché, limitant la marge de manœuvre des autorités.

Face à ces contraintes, le gouvernement affirme que la priorité reste la sécurisation de l’approvisionnement en produits pétroliers, tout en cherchant des solutions pour atténuer l’impact de la hausse des prix sur l’économie nationale. La révision de la fiscalité apparaît ainsi comme un levier potentiel, mais délicat, dans un contexte où les recettes publiques demeurent essentielles à l’équilibre budgétaire du pays.


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