Signés à Luanda, deux accords entre Angola et la Namibie lancent le projet d’interconnexion ANNA. Cette infrastructure vise à réduire la dépendance énergétique namibienne et à renforcer l’intégration régionale des réseaux électriques en Afrique australe.
Légende : Photo du présidium
La Namibie, fortement dépendante des importations d’électricité en provenance de pays voisins comme la Zambie, l’Afrique du Sud ou le Zimbabwe, franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de sécurisation énergétique. Le 14 avril, à Luanda, elle a signé avec l’Angola deux accords majeurs portant sur le développement du projet d’interconnexion électrique Angola-Namibie (ANNA).
Paraphés par les opérateurs NamPower et RNT-EP, ces accords comprennent un protocole conjoint de développement ainsi qu’un contrat d’achat d’électricité. Ils définissent le cadre technique, commercial et institutionnel nécessaire à la mise en œuvre de cette infrastructure transfrontalière.
Au cœur du projet figure la construction d’une ligne à haute tension de 166 kilomètres en 400 kV, reliant les postes de Kunene, en Namibie, et de Cahama, en Angola. À cela s’ajoutent des équipements de transformation et un tronçon supplémentaire de 270 kilomètres entre Omatando et Otjikoto. L’ensemble représente un investissement estimé à près de 57,5 millions de dollars, financé en partie par le gouvernement namibien à travers le National Energy Fund.
Au-delà de l’infrastructure physique, ANNA s’inscrit dans une vision stratégique plus large. Le projet doit permettre de créer un véritable corridor énergétique entre les deux pays et de connecter davantage leurs réseaux au Southern African Power Pool (SAPP), l’un des systèmes d’échanges d’électricité les plus avancés du continent. Cette interconnexion facilitera ainsi le partage des ressources énergétiques et l’optimisation de la production à l’échelle régionale.
Pour la Namibie, l’enjeu est crucial : réduire sa dépendance aux importations, sécuriser son approvisionnement et accompagner la croissance de la demande. Pour l’Angola, il s’agit de valoriser ses capacités de production et de renforcer sa position dans le marché énergétique régional.
Prévue pour être opérationnelle à l’horizon 2029, cette interconnexion illustre la dynamique croissante d’intégration des marchés électriques africains. À travers des projets structurants comme ANNA, les pays d’Afrique australe posent les bases d’un système énergétique plus résilient, interconnecté et capable de répondre aux défis futurs de développement.