Présent à Nairobi lors du forum « Africa Forward », organisé en marge du Sommet Afrique-France 2026, le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, António Guterres, a appelé à une transformation profonde des relations entre l’Afrique et le reste du monde. Face aux dirigeants africains et européens, il a défendu une vision d’un continent considéré non plus comme un espace d’assistance, mais comme un acteur stratégique de la transition énergétique mondiale, de la justice climatique et du développement durable.
Légende : SOMMET AFRIQUE-FRANCE 2026
À Nairobi, le Sommet Afrique-France 2026 a servi de tribune à un plaidoyer fort en faveur d’un nouvel équilibre mondial autour des questions climatiques et énergétiques. Devant plusieurs chefs d’État et responsables internationaux réunis autour des présidents William Ruto et Emmanuel Macron, le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, António Guterres, a insisté sur la nécessité de replacer l’Afrique au cœur des solutions mondiales.
Selon lui, le continent africain ne doit plus être perçu uniquement comme un bénéficiaire de l’aide internationale, mais comme un acteur incontournable de la transition énergétique et de la lutte contre le changement climatique. Dans un contexte mondial marqué par les crises économiques, les tensions géopolitiques et la réduction progressive de l’aide publique au développement, António Guterres estime que l’Afrique continue malgré tout de jouer un rôle majeur dans les débats internationaux.
Le patron de l’ONU a notamment évoqué la nécessité de réformer l’architecture financière mondiale héritée de 1945, qu’il juge désormais inadaptée aux réalités économiques et climatiques contemporaines. Selon lui, les pays africains restent pénalisés par des coûts d’emprunt excessivement élevés qui limitent leur capacité à financer leurs projets de développement et d’adaptation climatique.
Mais c’est surtout sur la question environnementale que le secrétaire général des Nations Unies a livré son message le plus fort. António Guterres a dénoncé une profonde injustice climatique dont l’Afrique demeure l’une des principales victimes. Bien que le continent soit parmi les moins responsables des émissions mondiales de gaz à effet de serre, il subit déjà de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique.
Sécheresses répétées, pertes agricoles, déplacements de populations, inondations et chocs économiques fragilisent de nombreux pays africains. Selon António Guterres, l’Afrique se réchauffe aujourd’hui plus rapidement que la moyenne mondiale, aggravant les vulnérabilités économiques et sociales déjà existantes.
Le secrétaire général de l’ONU a également souligné que la crise énergétique mondiale actuelle, marquée par la volatilité des prix des combustibles fossiles et les perturbations du commerce international, accentue davantage les difficultés budgétaires des États africains. Pour lui, la justice climatique passe désormais par une meilleure intégration du continent dans les investissements mondiaux liés aux énergies propres.
Pourtant, l’Afrique dispose d’atouts exceptionnels dans ce domaine. António Guterres rappelle notamment que le continent possède près de 60 % du meilleur potentiel solaire de la planète. Malgré cette richesse énergétique considérable, l’Afrique ne reçoit qu’environ 2 % des investissements mondiaux consacrés aux énergies renouvelables.
Le chef de l’ONU se montre cependant optimiste quant aux capacités du continent. Avec des financements adaptés et un accès plus équitable aux capitaux internationaux, il estime que l’Afrique pourrait devenir, d’ici 2040, une véritable puissance mondiale de l’électricité propre. Selon lui, le continent pourrait produire jusqu’à dix fois plus d’électricité qu’aujourd’hui grâce exclusivement aux sources renouvelables.
Cette perspective apparaît d’autant plus importante que près de 600 millions d’Africains vivent encore sans accès à l’électricité. À cela s’ajoute l’utilisation massive de modes de cuisson traditionnels et insalubres qui touchent encore près d’un milliard de personnes sur le continent et provoquent chaque année des centaines de milliers de décès, principalement chez les femmes et les enfants.
Au-delà de l’énergie, António Guterres a également insisté sur le rôle stratégique des minerais critiques africains dans la transition écologique mondiale. Lithium, cobalt, graphite ou terres rares : l’Afrique concentre une grande partie des ressources indispensables à la fabrication des batteries électriques, des panneaux solaires et des technologies vertes.
Cependant, le secrétaire général de l’ONU dénonce un modèle économique historique dans lequel les matières premières africaines sont extraites puis transformées ailleurs, tandis que les impacts environnementaux et sociaux restent supportés par les populations locales. Il appelle ainsi à la création de chaînes de valeur plus équitables favorisant la transformation locale des ressources, le respect des normes environnementales et une meilleure redistribution des revenus issus de l’exploitation minière.
« Plus d’exploitation. Plus de pillage », a-t-il martelé devant les dirigeants réunis à Nairobi, estimant que les richesses naturelles du continent doivent profiter en priorité aux peuples africains.
Face à l’urgence climatique, António Guterres plaide également pour une augmentation des financements consacrés à l’adaptation climatique en Afrique. Selon lui, de nombreux pays manquent encore de moyens pour protéger efficacement leurs populations, leurs infrastructures et leurs économies contre les catastrophes climatiques de plus en plus fréquentes.
Enfin, le secrétaire général des Nations Unies a défendu une nouvelle vision des relations entre l’Afrique et ses partenaires internationaux. Il appelle à un partenariat fondé sur le respect mutuel, les investissements durables, le transfert de compétences et le soutien à l’innovation africaine.
Le chef de l’ONU a notamment insisté sur l’importance d’accompagner le développement des universités africaines, de la recherche scientifique, des technologies numériques et de l’intelligence artificielle conçue par les Africains eux-mêmes.
Pour António Guterres, l’avenir de la planète dépend largement de la réussite du continent africain. Avec une population jeune et dynamique qui représentera un habitant sur quatre dans le monde d’ici 2050, l’Afrique constitue, selon lui, l’un des principaux moteurs de transformation du XXIe siècle.
En conclusion, le patron de l’ONU a lancé un appel à la solidarité internationale, affirmant que la réussite de l’Afrique profitera à l’ensemble du monde. Pour lui, accompagner le continent dans sa transition énergétique et son développement durable n’est plus seulement une nécessité africaine, mais un enjeu global pour l’avenir de l’humanité.