La ville de Parakou traverse depuis plusieurs jours une situation de forte tension autour de l’approvisionnement en carburant. Dans plusieurs stations-service, de longues files d’attente de motos, véhicules particuliers et camions sont désormais observées, témoignant d’une pénurie de gasoil qui perturbe progressivement les activités économiques et les déplacements des populations.
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Très tôt le matin comme tard dans la soirée, de nombreux usagers prennent d’assaut les stations-service encore approvisionnées, dans l’espoir d’obtenir quelques litres de carburant. Certains conducteurs affirment patienter pendant plusieurs heures sans garantie d’être servis. D’autres sont contraints de parcourir différents quartiers de la ville à la recherche d’une station disposant encore de stocks disponibles.
Cette tension sur le carburant intervient dans un contexte marqué par une hausse récente des prix officiels des produits pétroliers. Depuis le 1er mai 2026, le gouvernement béninois a procédé à une révision de la grille tarifaire afin de tenir compte de l’évolution du marché international du pétrole. Le prix du gasoil est ainsi passé à 750 FCFA le litre, tandis que celui de l’essence a été fixé à 725 FCFA.
Parallèlement, le secteur informel du carburant connaît également une flambée des prix. Le carburant de contrebande, communément appelé « kpayo », devient de plus en plus coûteux et difficilement accessible pour de nombreux ménages. Cette situation pousse une grande partie des consommateurs à se tourner vers les stations-service formelles où les prix restent homologués et relativement plus stables.
Mais cette augmentation brutale de la demande semble dépasser les capacités d’approvisionnement actuelles des stations-service de Parakou. Plusieurs points de distribution peinent à maintenir des stocks suffisants, provoquant des ruptures fréquentes et alimentant davantage la tension sur le marché local.
Les conséquences se font déjà ressentir sur les activités économiques de la ville. Les conducteurs de taxi-motos, transporteurs et commerçants dénoncent des pertes de temps importantes ainsi qu’une hausse des dépenses liées au transport. Certains usagers évoquent également une baisse de leurs revenus quotidiens en raison des longues heures passées dans les files d’attente. Au-delà des difficultés immédiates, cette situation relance le débat sur la dépendance énergétique du pays et sur la nécessité de renforcer durablement les capacités nationales de stockage et de distribution des produits pétroliers. En attendant un retour à la normale, les populations de Parakou continuent de faire face à un véritable parcours du combattant pour s’approvisionner en carburant, dans une ville où la mobilité reste au cœur de l’activité économique quotidienne.