À l'occasion des BOAD Development Days 2026 à Lomé, le maire de Cotonou, Luc Gnacadja, a appelé à repenser la transition énergétique à l'échelle des villes. Estimant que l'habitat durable ne peut être réduit aux seuls bâtiments, il a plaidé pour une transformation globale des quartiers, des infrastructures et des politiques urbaines afin de renforcer la résilience climatique et la souveraineté énergétique de l'Afrique de l'Ouest.
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Les villes africaines doivent devenir les principaux moteurs de la transition énergétique. C'est le message porté par le maire de Cotonou, Luc Gnacadja, lors des BOAD Development Days 2026, organisés le 13 juin à Lomé autour du thème : « Bâtir l'avenir de l'UEMOA : financer un habitat durable, inclusif et moteur de souveraineté énergétique ». Face aux défis conjugués de l'urbanisation, de la demande énergétique et des changements climatiques, les échanges ont mis en lumière les solutions susceptibles d'accompagner la transformation durable des territoires.
Prenant la parole à cette occasion, Luc Gnacadja a invité les décideurs à dépasser une conception de la performance énergétique limitée aux bâtiments. Selon lui, l'habitat doit être envisagé comme un véritable écosystème associant logements, espaces publics, infrastructures, mobilités et services urbains. Une telle approche permettrait de concevoir des villes plus sobres en énergie, plus résilientes et mieux adaptées aux réalités climatiques de l'Afrique de l'Ouest.
Au cœur de son intervention, l'ancien ministre de l'Environnement a insisté sur le retour aux principes de la conception bioclimatique. « L'énergie la moins chère, la plus propre et la plus souveraine est souvent celle que l'on ne consomme pas », a-t-il rappelé, invitant les professionnels du secteur à privilégier des solutions architecturales adaptées aux contextes climatiques africains afin de réduire naturellement les besoins énergétiques des bâtiments.
Pour l'édile de Cotonou, cette transition ne saurait se limiter aux nouvelles constructions. Elle doit également concerner les quartiers déjà existants, où vivent aujourd'hui des millions de personnes. L'amélioration progressive de la performance énergétique, environnementale et sociale de ces espaces urbains constitue, selon lui, un levier essentiel pour réussir la transition écologique des villes africaines.
Luc Gnacadja a également souligné que la souveraineté énergétique passe par une meilleure valorisation des ressources locales. Le recours à des matériaux tels que la terre stabilisée, la terre cuite ou le bois, adaptés aux réalités ouest-africaines, contribuerait à réduire les importations, à diminuer l'empreinte carbone du secteur du bâtiment et à stimuler les filières locales créatrices d'emplois.
Le maire de Cotonou a, par ailleurs, rappelé le rôle déterminant des collectivités territoriales dans cette dynamique. Grâce à leurs compétences en matière d'urbanisme, de réhabilitation des quartiers, de végétalisation des espaces publics ou encore de développement des mobilités de proximité, elles disposent de leviers concrets pour accélérer la transition énergétique et améliorer durablement le cadre de vie des populations.
Abordant la question du financement, Luc Gnacadja a plaidé pour un accès plus direct des collectivités aux financements verts. Selon lui, l'efficacité des mécanismes de financement climatique ne devrait pas être appréciée uniquement à l'aune des montants mobilisés, mais surtout de leur capacité à soutenir les territoires où s'opèrent les transformations les plus concrètes.
À travers cette intervention, le maire de Cotonou a réaffirmé une conviction forte : la réussite de la transition énergétique en Afrique de l'Ouest dépendra de la capacité des villes à devenir les véritables laboratoires du changement. En intégrant l'habitat, les infrastructures, les mobilités et les ressources locales dans une même stratégie, les collectivités pourront faire de l'urbanisation un puissant levier de développement durable, de résilience climatique et de souveraineté énergétique.