Des journalistes béninois et des acteurs de la société civile ont participé à une session locale de renforcement des capacités sur le Mécanisme de recours indépendant (MRI) du Fonds vert pour le climat. Organisée au siège de JVE Bénin, cette formation d’une demi-journée leur a permis de mieux comprendre les voies de recours, d’accéder aux informations sur les projets climatiques et de renforcer leur rôle auprès des communautés affectées.
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Derrière les projets financés pour lutter contre le changement climatique se trouvent des communautés qui peuvent parfois subir des impacts inattendus. C’est pour mieux faire connaître leurs droits et les mécanismes permettant de faire entendre leurs préoccupations que des journalistes béninois ont été formés sur le Mécanisme de recours indépendant du Fonds vert pour le climat.
Selon Blondel Silenou, expert en finance climatique et mécanisme de recours indépendant, le Bénin est impliqué dans 12 projets financés par le Fonds vert pour le climat, offrant ainsi aux médias de nombreuses possibilités de suivi et d’enquête. L’objectif est notamment de permettre aux journalistes de mieux informer les populations sur les projets, leurs financements, leurs impacts et les recours disponibles.
Le mécanisme intervient lorsqu’une personne ou une communauté est affectée, ou susceptible de l’être, par un projet financé par le Fonds vert. Une infrastructure destinée à renforcer la résilience climatique peut, par exemple, entraîner la perte de terres agricoles ou modifier les conditions de vie d’une population. Dans ce cas, les communautés disposent d’un cadre pour faire connaître leurs préoccupations et rechercher des solutions.
Pour Blondel Silenou, dénoncer les conséquences négatives d’un projet ne signifie pas être contre le développement. Il s’agit plutôt pour les populations de faire valoir un droit légitime et de demander que leurs intérêts soient pris en compte.
Ladite formation invite donc les journalistes à dépasser le traitement classique des projets climatiques. Au-delà des cérémonies de lancement et des annonces de financement, ils sont appelés à vérifier leur mise en œuvre, suivre les fonds, examiner les résultats et s’intéresser aux éventuels impacts environnementaux et sociaux.
Les participants ont également découvert des ressources numériques permettant de poursuivre leur apprentissage, de rechercher des informations sur les projets et de mieux comprendre les procédures de recours.
Pour Gracia Lokonon, étudiante en évaluation environnementale et sociale et représentante de la société civile, cette initiative constitue une véritable opportunité. Elle estime que la formation a permis aux participants de mieux s’imprégner du mécanisme et souhaite que de telles sessions soient régulièrement organisées afin de renforcer les capacités des acteurs.
Même constat chez Jeanne d’arc, journaliste à Le Rural Bénin tv. Dans un contexte où les projets climatiques se multiplient, elle juge indispensable que les professionnels des médias soient suffisamment outillés pour accéder aux informations et les mettre à la disposition des communautés.
Pour les participants, cette formation marque donc une étape importante dans la spécialisation du journalisme environnemental au Bénin. Elle leur donne des clés pour mieux décrypter les projets financés par le Fonds vert, interroger leur mise en œuvre et surtout porter la voix des populations concernées.
Au terme de la session, le message est clair : un projet climatique ne doit pas seulement être évalué à travers son financement ou ses objectifs environnementaux. Il doit aussi être apprécié à l’aune de ses effets sur les populations.
En renforçant les capacités des médias sur le mécanisme de recours indépendant, l’initiative entend ainsi faire des journalistes des relais essentiels entre les communautés, les porteurs de projets et les mécanismes de recours, au service de davantage de transparence, de justice climatique et de protection des droits.