Réunis dans le cadre de la revue sectorielle « Eau et assainissement 2025 », les acteurs du secteur ont dressé le bilan des actions menées au cours de l’année écoulée. La rencontre a permis de relever des avancées dans la gestion intégrée des ressources en eau et l’accès à l’eau potable, tout en mettant l’accent sur la qualité de l’eau, l’hygiène et la nécessité de poursuivre les réformes pour atteindre l’objectif d’un accès universel.
Légende : Eau et assainissement
L’accès à l’eau potable demeure l’un des enjeux majeurs du développement au Bénin. Indispensable à la santé, à l’hygiène et aux activités économiques, la ressource occupe une place centrale dans les politiques publiques, notamment à travers l’ambition gouvernementale « Eau pour tous », en cohérence avec l’Objectif de développement durable n°6 consacré à l’eau propre et à l’assainissement.
C’est dans cette perspective que les acteurs du secteur se sont retrouvés à l’occasion de la revue sectorielle « Eau et assainissement 2025 ». Cette rencontre annuelle constitue un cadre d’évaluation des actions conduites, des résultats obtenus et des difficultés persistantes. Elle permet également de définir les priorités à poursuivre afin d’améliorer durablement les services d’eau et d’assainissement.
Des indicateurs en progression
Présent à cette rencontre, Edouard Dahome, ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines, a mis en avant les résultats enregistrés au cours de l’exercice 2025. Selon lui, la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) a connu une progression notable, avec un taux de mise en œuvre passé de 78 % en 2024 à 83 % en décembre 2025.
Cette évolution traduit, d’après le ministre, des avancées dans la gouvernance et la gestion durable des ressources hydriques. Dans le même temps, l’accès à l’eau potable en milieu urbain s’est également amélioré. Le taux de desserte est passé de 74,75 % en 2024 à 76,71 % en décembre 2025.
Ces résultats témoignent des efforts engagés pour rapprocher progressivement les populations des services essentiels. Toutefois, les acteurs du secteur estiment que la poursuite de ces progrès nécessite une mobilisation constante des pouvoirs publics, des collectivités, des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations de la société civile.
La coopération allemande salue les avancées
Pour Rike Sohn, cheffe de la coopération allemande, la revue de cette année revêt une importance particulière. Elle permet à la fois de faire le bilan des avancées réalisées au cours des dernières années et de poser les bases des priorités à venir.
Elle a salué les progrès enregistrés dans le secteur et renouvelé l’engagement des partenaires techniques et financiers à accompagner le Bénin dans ses efforts. Parmi les priorités évoquées figurent notamment l’accès universel à l’eau potable, le renforcement du cadre environnemental et la gestion durable de la ressource.
Au-delà des chiffres, la revue a ainsi permis de mettre en évidence les différents chantiers encore ouverts. Les communications consacrées au bilan exécutif du sous-secteur eau et assainissement et à la contribution des organisations de la société civile ont notamment permis de mieux apprécier les actions réalisées sur le terrain et les difficultés qui subsistent.
La qualité de l’eau, une priorité sanitaire
L’amélioration de l’accès à l’eau potable ne saurait toutefois se limiter à la disponibilité de la ressource. Encore faut-il garantir sa qualité jusqu’au point de consommation.
Sur cette question, Dr Said Hounkponou, Directeur général de l’Eau, a présenté les actions menées en 2025 pour renforcer la surveillance de la qualité de l’eau destinée à la consommation des ménages. Les équipes ont parcouru les 12 départements du Bénin et visité 34 communautés sur les 69 ciblées, soit un taux de couverture de 49,3 %.
Cette surveillance vise notamment à mieux apprécier les conditions dans lesquelles l’eau est conservée et consommée par les ménages. Elle met en lumière l’importance des pratiques d’hygiène et de stockage, qui peuvent influencer la qualité de l’eau après sa production ou sa distribution.
Le directeur général de l’Eau a également insisté sur la réforme du fermage en milieu rural. Ce dispositif repose sur le recrutement d’opérateurs privés chargés d’assurer la fourniture d’eau potable dans des périmètres définis. La réforme en cours doit notamment permettre de disposer d’une meilleure connaissance du patrimoine hydraulique et de renforcer l’organisation du service d’eau en milieu rural.
Les consommateurs appelés à préserver la qualité de l’eau
La responsabilité de garantir une eau de qualité ne repose cependant pas uniquement sur les producteurs et les distributeurs. Calixte Akotegnon, responsable de l’eau à la SONEB, a appelé les populations à jouer pleinement leur rôle, notamment après réception de l’eau potable.
Selon lui, les conditions de stockage, de transport et d’hygiène à domicile peuvent contribuer à dégrader une eau pourtant potable au départ. Il invite donc les consommateurs à accorder une attention particulière à la propreté des récipients et des espaces de stockage, ainsi qu'aux conditions de manipulation de l’eau dans les ménages.
Cette sensibilisation prend une importance particulière au regard des enjeux sanitaires liés à la consommation d’une eau contaminée. La protection de la qualité de l’eau apparaît ainsi comme une responsabilité collective impliquant les pouvoirs publics, les opérateurs du secteur et les populations.
Une mobilisation collective pour « Eau pour tous »
La revue sectorielle a réuni les principaux acteurs intervenant dans la chaîne de l’eau : pouvoirs publics, société civile, partenaires techniques et financiers ainsi que les structures spécialisées du secteur. Cette concertation vise à renforcer la coordination des interventions et à rapprocher davantage les politiques publiques des réalités vécues par les populations.
Elle s’inscrit également dans un cadre réglementaire qui comprend notamment les textes relatifs à l’hygiène publique, à la gestion de l’eau et aux normes de qualité de l’eau.
Financée avec l’appui du programme AGO, la rencontre vient donc rappeler que l’objectif d’un accès universel à l’eau potable nécessite des investissements, mais aussi une gouvernance efficace, une surveillance accrue de la qualité et une implication des citoyens.
Avec des indicateurs en progression, le Bénin poursuit ainsi ses efforts vers l’accès universel à l’eau potable. Le défi reste désormais de consolider ces acquis, d’améliorer la desserte dans les zones encore insuffisamment couvertes et surtout de garantir que l’eau disponible demeure sûre jusqu’à sa consommation.