TOGO : Les frigoristes au cœur du changement de gaz réfrigérants

À l’occasion de la Journée internationale de la protection de la couche d’ozone, célébrée le 16 septembre à Lomé, le Togo a mis en avant les efforts engagés pour transformer progressivement le secteur de la réfrigération. Au-delà des engagements internationaux et des réglementations nationales, cette transition repose aussi sur l’adaptation des frigoristes, appelés à abandonner certains fluides réfrigérants au profit de solutions présentant de meilleurs profils environnementaux. La formation et la certification des professionnels apparaissent dès lors comme des leviers essentiels pour accompagner cette évolution.

Couche d'ozone Légende : Couche d'ozone

Changer les gaz utilisés dans les équipements de réfrigération devient progressivement une nécessité environnementale au Togo. C’est l’un des principaux enseignements de la Journée internationale de la protection de la couche d’ozone, célébrée mardi 16 septembre au Centre d’excellence régional sur les sciences aviaires de l’Université de Lomé (CERSA). Placée sous le thème « Action mondiale pour une planète fraîche », la rencontre a permis de mettre en lumière les transformations en cours dans le secteur du froid et le rôle central des frigoristes.

La couche d’ozone constitue une barrière naturelle essentielle contre les rayonnements ultraviolets du soleil, dont l’exposition excessive peut présenter des risques pour la santé humaine et les écosystèmes. Sa protection repose depuis plusieurs décennies sur une coopération internationale visant notamment à éliminer progressivement les substances responsables de son appauvrissement.

Le Togo s’est inscrit dans cette dynamique depuis 1993, à travers son adhésion aux principaux instruments internationaux consacrés à la protection de la couche d’ozone, notamment la Convention de Vienne et le Protocole de Montréal. Le pays a renforcé son engagement en 2018 avec son adhésion à l’Amendement de Kigali.

Cet amendement introduit un nouvel enjeu : la réduction progressive des hydrofluorocarbures (HFC). Ces gaz ne détruisent pas directement la couche d’ozone, mais certains présentent un potentiel de réchauffement climatique élevé. Leur diminution doit donc contribuer à la fois à la protection de l’environnement et aux efforts mondiaux de lutte contre le changement climatique.

Au niveau national, cette orientation est accompagnée par un dispositif réglementaire. Deux textes adoptés en 2015 et en 2020 encadrent notamment l’utilisation des substances concernées. Selon Assimti-Tchao Bidenam épouse Awate, coordonnatrice du Bureau national ozone, la mise en œuvre de cette politique mobilise plusieurs départements ministériels réunis au sein d’un comité national.

La responsable insiste également sur la dimension collective de cette transition. La protection de la couche d’ozone ne repose pas uniquement sur les décisions publiques. Elle implique aussi les entreprises, les techniciens, les utilisateurs d’équipements frigorifiques et l’ensemble des acteurs de la chaîne du froid.

Dans les ateliers, le changement est déjà perceptible. Des professionnels commencent à délaisser certains fluides traditionnellement utilisés pour se tourner vers d’autres réfrigérants. Richarde Shammah Ebou, frigoriste, explique notamment avoir cessé d’utiliser le R22, ou chlorodifluorométhane, au profit de fluides tels que le R290 et le R134a.

Ces solutions ne présentent cependant pas toutes le même impact sur le climat. Leur utilisation doit donc s’inscrire dans une approche plus large, tenant compte à la fois de leur potentiel de réchauffement, de leur efficacité énergétique et des conditions de manipulation. L’objectif consiste à accompagner progressivement le secteur vers des fluides présentant des caractéristiques environnementales plus favorables, tout en garantissant la sécurité des techniciens et des utilisateurs.

Cette évolution impose également une montée en compétences des professionnels. La manipulation de certains nouveaux réfrigérants peut en effet présenter des risques spécifiques. Folly Kotogbe Henri, ingénieur formateur au CFMI, souligne que les techniciens sont notamment formés à l’utilisation de fluides comme le R32 et le R600a, dont certaines caractéristiques, notamment leur inflammabilité, nécessitent des précautions particulières.

La formation apparaît donc comme un maillon indispensable de la transition. Un changement de réfrigérant ne consiste pas simplement à remplacer un gaz par un autre. Il nécessite des connaissances adaptées, des équipements appropriés et le respect de procédures de sécurité afin d’éviter les accidents, les fuites et les mauvaises manipulations.

Pour Eric Dehoué, président de l’Association des frigoristes du Togo (AFRITO), la certification constitue également un enjeu important pour professionnaliser davantage le secteur. Des techniciens correctement formés et reconnus peuvent mieux intervenir sur les équipements, limiter les pertes de fluides et contribuer à réduire les impacts environnementaux liés à la réfrigération.

Cette évolution revêt une importance particulière dans un contexte où les besoins en équipements de froid et de climatisation augmentent. La maîtrise des fluides réfrigérants devient alors un enjeu à la fois environnemental, technique et économique.

La célébration de la Journée internationale de la protection de la couche d’ozone a finalement été clôturée par un match de football amical opposant l’AFRITO au ministère de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique (MERFPCCC).

Derrière cette activité conviviale, le message demeure toutefois technique : la protection de la couche d’ozone et la réduction de l’impact climatique du secteur du froid passent aussi par les gestes réalisés quotidiennement dans les ateliers. Pour le Togo, la réussite de cette transition dépendra donc autant de l’évolution des réglementations que de la capacité à former, équiper et certifier les professionnels chargés de mettre en œuvre ces changements sur le terrain.


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