PRODUCTION ALIMENTAIRE FACE À LA PÉNURIE D’ENGRAIS : L’IFDC préconise une utilisation plus efficace des nutriments

Face à la hausse du coût des engrais, aux perturbations de l’approvisionnement et à la dégradation des sols, la production alimentaire en Afrique est confrontée à des défis croissants. Dans une note de réflexion publiée en octobre 2026, le Centre international de développement des engrais (IFDC) propose des solutions scientifiques pour améliorer l’efficacité d’utilisation des nutriments et préserver la productivité agricole malgré la pénurie d’intrants.

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La disponibilité des engrais constitue un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire. Ces intrants apportent aux cultures des éléments nutritifs indispensables à leur croissance. Cependant, leur coût élevé et les difficultés d’approvisionnement peuvent contraindre les producteurs à réduire les quantités utilisées, au risque d’affecter les rendements et les revenus agricoles. En Afrique, cette vulnérabilité est accentuée par la dépendance aux importations et la dégradation des terres cultivées. Selon le Centre international de développement des engrais (IFDC), environ 60 % des sols africains sont dégradés. Dans ce contexte, la pénurie d’engrais ne représente pas uniquement un problème d’approvisionnement : elle pose également la question de la capacité des systèmes agricoles à maintenir leur productivité.

Mieux valoriser les nutriments disponibles

Intitulée « De la pénurie à la résilience : repenser l’utilisation des nutriments pour les systèmes alimentaires africains », la note de réflexion de l’IFDC s’appuie sur les travaux d’André Bationo, Luis Prochnow et Amit Roy, publiés dans le Journal of the Science of Food and Agriculture en 2026. Leur analyse souligne que l’amélioration de l’efficacité d’utilisation des nutriments peut contribuer à prévenir une forte baisse des rendements, même lorsque les engrais sont difficilement accessibles.

Parmi les approches proposées figure la fertilisation équilibrée, qui consiste à apporter aux cultures les éléments nutritifs adaptés aux besoins des plantes et aux caractéristiques des sols. Les chercheurs mettent également en avant le principe des « 4B » : choisir la bonne source d’engrais, appliquer la bonne dose, au bon moment et au bon endroit. Cette méthode vise à améliorer l’absorption des nutriments par les cultures tout en limitant les pertes. D’autres techniques, comme le microdosage, permettent d’appliquer de petites quantités d’engrais à proximité des plants. Le placement profond de l’urée et, lorsque les conditions agronomiques le permettent, l’utilisation de roches phosphatées locales constituent également des pistes à explorer. Ces pratiques doivent toutefois être adaptées aux sols, aux cultures et aux moyens disponibles pour chaque exploitation.

Restaurer les sols et soutenir les producteurs

L’amélioration de la fertilité des terres passe aussi par une meilleure valorisation des ressources organiques disponibles. Le compost, les résidus végétaux, les légumineuses et les rotations culturales peuvent contribuer à enrichir les sols en matière organique et à améliorer leur fonctionnement. Associées à une fertilisation raisonnée, ces pratiques peuvent renforcer la résilience des exploitations agricoles.

Toutefois, les solutions techniques ne suffisent pas si les producteurs ne disposent pas des moyens nécessaires pour les adopter. L’IFDC souligne ainsi l’importance de faciliter l’accès au financement, de renforcer les circuits de distribution des intrants et de développer les services de conseil agricole. Pour les pays africains, dont le Bénin, l’enjeu consiste donc à conjuguer un meilleur accès aux engrais, une utilisation plus efficace des nutriments et une restauration durable des sols. L’objectif est de maintenir les rendements, de préserver les revenus agricoles et de limiter les risques pesant sur l’approvisionnement alimentaire. Face à la pénurie, la résilience agricole dépendra autant de la disponibilité des intrants que de la capacité à les utiliser efficacement.

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