SOMMET DES THINK TANKS D’AFRIQUE 2026 : Faire de l’énergie un moteur de transformation économique

Réunis du 28 au 30 octobre 2026 au Sofitel Bénin à Cotonou, plus de 300 institutions issues de plus de 50 pays prennent part à la 12ᵉ édition du Sommet des think tanks d’Afrique. Les échanges portent sur les réformes du secteur électrique, les mécanismes de financement et l’intégration régionale, avec l’ambition commune de transformer l’accès à l’énergie en croissance économique durable et inclusive. Un évènement d’envergure organisée par la Fondation africaine pour le renforcement des capacités (AFCB), en partenariat avec la Commission de l’Union africaine, et coorganisée par le Gouvernement du Bénin, par l’intermédiaire du ministère de l’Économie et des Finances.

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L’accès à l’électricité ne suffit plus. Pour soutenir le développement de l’Afrique, l’énergie doit aussi permettre aux entreprises de produire, aux industries de se développer, aux agriculteurs de mieux valoriser leurs récoltes et aux jeunes de créer des emplois. C’est le principal message porté par le Sommet des think tanks d’Afrique, 2026.

Placée sous le thème « De l’accès à l’énergie à la transformation économique : des voies d’action publique concrètes pour la viabilité, la croissance et la réforme du secteur de l’électricité en Afrique », cette rencontre réunit décideurs publics, chercheurs, représentants du secteur privé, acteurs de la société civile et partenaires au développement. Elle vise à rapprocher les connaissances scientifiques des décisions publiques et à faire émerger des solutions applicables aux défis énergétiques du continent.

Des réformes pour une électricité fiable et abordable

Le défi énergétique africain demeure considérable. Selon les données présentées dans les documents du Sommet, près de 600 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité. Par ailleurs, de nombreuses entreprises subissent des coupures qui perturbent leurs activités et réduisent leur compétitivité. À ces difficultés s’ajoutent les fragilités financières des compagnies d’électricité et les contraintes budgétaires des États. Pour Luc Gnacadja, Maire de Cotonou, l’énergie doit être appréciée à travers ce qu’elle rend possible dans les territoires. Une coupure de courant peut arrêter un atelier de couture, compromettre la conservation des produits dans une chambre froide ou empêcher un soudeur de servir ses clients. Les collectivités territoriales ont donc leur place dans la réflexion sur les politiques énergétiques, car les villes sont des espaces de production, d’échanges et de création de valeur. Il souhaite que l’Agenda d’action de Cotonou débouche sur des engagements suivis et mesurables, plutôt que sur une simple déclaration. Cette vision rejoint celle de Mamadou Biteye, Secrétaire exécutif, Fondation africaine pour le renforcement des capacités (AFCB). Il invite à dépasser le seul décompte des personnes raccordées pour s’interroger sur les résultats économiques de l’accès à l’électricité. Selon lui, l’enjeu consiste à faire de l’énergie un moteur de développement industriel, de création d’emplois et d’amélioration des conditions de vie. Il souligne également la nécessité de renforcer les capacités institutionnelles, la volonté politique et la continuité dans la mise en œuvre des réformes.

Du côté des finances publiques, Aristide Medenou, Ministre de l’Économie et des Finances du Bénin, a mis en avant la nécessité de rendre l’électricité disponible à un coût abordable, notamment pour les artisans et les petites entreprises. L’enjeu est de mobiliser les ressources nécessaires sans compromettre l’équilibre des finances publiques ni accroître les risques liés à l’endettement. Les solutions attendues doivent ainsi concilier accessibilité, rapidité d’exécution et soutenabilité financière. Pour sa part, Fabrice Marcos, Représentant du MEEM Bénin, Conseiller Technique en matière de production et de transport d’énergie auprès du Ministre de l’Energie de l’Eau et des Mines du Bénin, a évoqué les efforts engagés par le Bénin depuis 2016, notamment les investissements dans la production thermique et solaire ainsi que dans les réseaux électriques. Il a insisté sur la nécessité de rapprocher les infrastructures énergétiques des besoins industriels, d’améliorer la performance du secteur et de créer des conditions favorables à l’investissement.

Financement et intégration régionale au cœur des solutions

La transformation énergétique exige des financements importants et des mécanismes de gouvernance capables de rassurer les investisseurs. La réforme des compagnies d’électricité, l’amélioration du recouvrement des coûts et la mise en place de cadres réglementaires prévisibles figurent ainsi parmi les pistes examinées. L’objectif est de renforcer la viabilité financière des opérateurs tout en préservant l’accès des populations à une énergie abordable. Holy Ranaivozanany, Directrice exécutive adjointe, Fondation Afrique-Europe (AEF), a rappelé que les résultats doivent se mesurer à travers la fiabilité des infrastructures, le développement d’industries productives, la création d’emplois décents et la valeur ajoutée créée localement. Elle a également souligné les obstacles au financement des projets énergétiques africains et plaidé pour une coopération entre l’Afrique et l’Europe davantage orientée vers les investissements et les résultats concrets. L’intégration régionale constitue un autre levier majeur. Le commerce transfrontalier de l’électricité et les pools énergétiques régionaux peuvent contribuer à réduire les coûts, à améliorer la fiabilité de l’approvisionnement et à faciliter le développement des énergies renouvelables. Ces perspectives nécessitent toutefois une meilleure coordination entre les pays, des infrastructures d’interconnexion adaptées et des règles de fonctionnement cohérentes.

Le Sommet met également en avant le rôle des think tanks dans cette dynamique. En produisant des données fiables, en analysant les politiques publiques et en évaluant les réformes, ces institutions peuvent aider les gouvernements à choisir des solutions adaptées à leurs réalités. Leur contribution doit aller au-delà de la formulation de recommandations pour accompagner leur mise en œuvre et mesurer leurs effets. Les travaux de Cotonou comprennent notamment des sessions consacrées au financement de l’énergie, à la réforme des compagnies d’électricité, à l’industrialisation et à l’intégration régionale. Le lancement du Rapport sur la compétitivité des exportations en Afrique 2025 figure également au programme, établissant un lien entre les politiques économiques, la compétitivité des exportations et la transformation du continent.

Au terme des échanges, l’enjeu sera de convertir les analyses en décisions et en engagements concrets. Pour l’Afrique, l’avenir énergétique ne dépend pas uniquement de la quantité d’électricité produite ou distribuée, mais aussi de sa capacité à soutenir les activités productives, à renforcer les économies nationales et à favoriser une croissance inclusive. L’Agenda d’action de Cotonou est ainsi attendu comme une étape vers des réformes mieux coordonnées, des investissements plus efficaces et des résultats mesurables pour les populations.

 


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